À une batterie de questions directes pertinentes et posées par un interviewer de complaisance le Grand M’as-tu vu, Francis Quasimodo Steffanio, répond sans détours sur la situation actuelle et sur la politique conduite depuis son Installation à la tête de la Grosse Loge Napoléonienne de France.
On vous reproche de trop communiquer vis-à-vis de la presse, en particulier en
vous mettant en avant.
LGMATV : Nous sommes dans un système de représentation. La forme l’emporte sur le fond, l’accessoire sur l’essentiel. Il faut être vu pour être entendu, être une star pour être écouté… Regardez Yann Arthus Bertrand ou Nicolas Hulot… Et puis tout le monde fait comme cela de la GLUA au Président de la République… L’essentiel n’est-il pas faire parler de soi pour être en couverture des médias ? D’ailleurs demain j’épouse une chanteuse célèbre : Juliette G. Vous connaissez son tub : Claude, Jean-Charles, François et tous les nôtres… J’ai proposé qu’il devienne le nouvel hymne de la GLNF.
J’avoue avoir un peu le trac lors de ces tenues filmées sans l’accord des Frères présents, de ne pas être à la hauteur de ce que l’on attend d’une marionnette, pardon, d’un acteur bénévole et amateur comme moi. On va vendre ces vidéos à des médias pour faire rentrer des royalties, normal que l’on garde la main mise sur nos « images »… Les Frères qui n’ont pas compris cela sont des c… Je vais marquer une pause, mais croyez-moi, dès la prochaine AG on va mettre le turbo.
Mais pour communiquer, vous avez déjà un site, fort bien fait d’ailleurs et consultable par n’importe qui ?
LGMATV : Ah bon ? Je ne savais pas. Et il est réellement consulté ? Non, moi je crois qu’il faut faire la Une des médias au moins une fois par moi… Regardez le Président le République… Cela marche…
Par moi ?
LGMATV : Oui, vous m’avez compris, par moi et par mois bien évidemment…
Et, concrètement, qu’avez-vous décidé pour mettre en œuvre cette nouvelle politique ?
LGMATV : Trois chaînes de télévision doivent diffuser prochainement des documentaires sur la Franc-maçonnerie auxquels nous avions décidé fin 2009, sans consulter nos braves c… de Frères, de participer aux côtés d’autres obédiences.
Conformément à cette nouvelle politique, nous sommes en discussion avec ces médias afin d’en faire retirer les images me concernant où j’avoue d’ailleurs ne pas être trop à mon avantage. Vous savez, j’ai beaucoup maigri depuis et surtout bronzé avec ce dernier séjour chez les Bongo...
Il faudrait donc renoncer totalement à parler de la GLNF dans les médias ?
LGMATV : Non. C’est indispensable, les Frères ne lisent pas les Brèves envoyées personnellement, pas plus notre périodique Actualités. Il a même fallu les abonner de force à Villard de Honnecourt, une revue de génuflexion importante pour nous. Très peu vont voir nos sites : j’ai les chiffres et les noms. Inadmissible. Vous imaginez un communiste qui ne lirait l’Humanité tous les jours. Je pense même à créer une radio FM internationale… Je suis en pour-parler avec le Jour du Seigneur, pour passer sur Antenne 2 le dimanche matin… C’est une question sérieuse et complexe : sinon comment expliquer notre démarche lorsque la notion même de spiritualité est généralement assimilée, soit aux églises, soit aux sectes ?
Et la course aux effectifs ?
LGMATV : Je suis le premier à dire qu’il est bien évidemment absurde de parler de course aux effectifs entre les obédiences - force est de constater qu’avec la croissance de la GLNF la presse et l’opinion s’intéressent aujourd’hui davantage à la maçonnerie spiritualiste. Oui, tous les matins, je regarde la courbe des effectifs et j’ai exigé des GM provinciaux un peu plus de performance en ce domaine, mais vous savez, il faut faire rentrer des cotisations, avec un budget de 4 millions d’euros par an, c’est un peu juste. Il faut construire des Temples, éditer des revues, financer des voyages à l’étranger, aider des loges en Afrique qui n’ont pas de moyens, acheter des appartements afin que les Grands Maîtres provinciaux puissent recevoir dignement les Préfets, les Évêques, les Présidents de CCI, les Chefs d’entreprises, les journalistes locaux… On ne peut pas faire cela dans des temples désuets et poussiéreux. Ils sont tous juste bons pour les tenues des Frères…
C’est désolant si certains Frères ne peuvent pas le comprendre. Ils finissent par croire ou par reprendre ces propos lus dans la presse. Comme si la presse était objective !
Mais alors pourquoi une telle politique de communication, si la presse et les médias sont selon vous si peu objectifs ?
LGMATV : … silence… Et bien c’est justement pour cela !
En plus de votre exposition médiatique, on vous reproche de trop impliquer la GLNF dans les débats politiques ou de société.
LGMATV : J’entends ces reproches qui m’ont été adressés suite à la remise au Président de la République, à ma seule initiative, d’une modeste contribution sur la représentation des français musulmans de France. Mais comprenez-moi, sans être un guide spirituel j’ai une certaine responsabilité dans le destin de notre monde. Si j’ai été placé à la tête de l’Ordre, c’est sans aucun doute parce que j’étais le meilleur et que mes pensées, ma réflexion et mon comportement maçonnique étaient exemplaires … Sinon, pourquoi expliquer tout cela ?
Ces propos, venant de mes Frères ne peuvent évidemment pas me laisser insensible. Je m’interroge sur les raisons de ce trouble alors que la GLNF avait déjà, par le passé, été plusieurs fois sollicitée (sur les questions de bioéthique, sur le fichier Edwige, sur la laïcité, etc.) par les pouvoirs publics qui nous considèrent comme l’une des «autorités morales, philosophiques ou religieuses » qu’ils souhaitent parfois consulter. Aucun Frère n’a levé le petit doigt à l’époque. C’est vrai que l’on avait pris la précaution de ne rien leur en dire… J’aurai dû continuer… C’est là mon erreur… Faire et ne rien dire. J’ai entendu leur demande.
Je reste persuadé que les choses changeront et que leur état d’esprit suranné sur ce point changera. Je vais m’y employer.
Que comptez-vous faire pour répondre aux doutes que certains Frères émettent sur les finances de l’Obédience ?
LGMATV : En tant que premier serviteur de l’Ordre, je dois être le Premier servi et aussi rendre des comptes sur chaque euro de dépenses comme de recettes. Je ne crains rien là-dessus. On va faire un audit indépendant et cela mettra fin à toutes les calomnies et rumeurs qui circulent aujourd’hui. Mais pas question d’entrer dans le détail des voyages, des salaires et autres dépenses… Ce n’est pas un audit d’opportunité. C’est comptable. Pas question non plus d’aller fouiller dans les autres comptes des annexes : les SCI, la Fondation, l’OAF… C’est moi qui décide et ce pour les 20 ans à venir avec l’accord du Conseil dont j’ai nommé tous les membres.
Et le centre de conférences, avenue de Wagram ?
LGMATV : Oui, ce centre de conférences a été acquis par l’Obédience. C’était mon idée et je l’assume. J’ai même conçu toute la décoration moi-même. Cela sera à la hauteur de ce que doit être la hauteur du Prince de Monaco que j’ai invité à l’inauguration dans un mois. Cette opération a été approuvée après coup par les instances compétentes de la GLNF que je contrôle bien, conformément à nos statuts et à nos procédures.
Ce centre, aujourd’hui en travaux et il est hors de question que je renonce. Si les Frères ne comprennent pas ce que je fais de leur cotisation, ce n’est pas de ma faute, qu’ils aillent chez l’abbé Pierre ou Sœur Emmanuelle.
En plus ils ne payent que 450 euros de cotisations par an sans parler de tout le reste… On reste très démocratique, la moitié d’un salaire minimum c’est trois fois rien pour devenir meilleur…
Mais, de grâce, ne reproduisons pas dans notre Ordre les travers actuels de la société moderne, qui consistent à juger des mesures engagées avant même qu’elles n’aient eu le temps de commencer à produire leurs effets bling-bling !
Qu’est-ce qui justifie l’allongement de la durée du mandat du Grand Maître ?
LGMATV : J’ai effectivement proposé une modification de nos statuts qui consiste à allonger de trois ans à cinq ans la durée du mandat du Grand Maître. Je suis encore jeune et je fais don de ma personne à l’Ordre, alors autant profiter de mes meilleures années. Il est hors de question que je parte comme le suggère mon ami et employeur dans le civil Jean-Charles Foellner. Et puis regarder Napoléon : il n’a pas hésité à devenir empereur à vie en fondant une dynastie… Il faut prendre des risques et se donner les moyens de faire de grandes choses. Dans quelques années, nous aurons supplanté dans le monde la GLUA. C’est d’ailleurs pour cela que nous consacrons beaucoup de temps et surtout de moyens à développer la GLNF avec des filiales partout dans le monde… Et puis je dois vous dire que j’adore les voyages…
La création d’un cabinet du Grand Maître était-elle une bonne idée ?
LGMATV : Dès mon arrivée, j’ai envisagé de m’entourer des conseils de hauts fonctionnaires, hommes et femmes, dont certains ne sont même pas FM et encore moins membres de la GLNF. Je ne puis pas faire totalement confiance à des Frères pour cela. Il faut pour propager nos valeurs dans la société civile une véritable commission de propagande. Mais les Frères toujours aussi c… n’ont là encore rien compris de ce que je veux faire…
Après cette période difficile, pensez-vous sincèrement pouvoir restaurer l’harmonie ?
LGMATV : Je le souhaite de tout mon cœur, tout simplement parce qu’après 35 ans d’engagement, je crois plus que jamais dans la maçonnerie et dans la pertinence de ses valeurs. En entrant au DH, j’ai juré à une femme, la Vénérable qui m’a donné la Lumière de pervertir la GLNF. Elle s’appelait Eve d’ailleurs… J’y arriverai… LA GLNF va fêter son centenaire avec juste quelques centaines de membres, pas le millier, moi je vous le dis…
Je rappelle que dès septembre dernier, j’ai manifesté une volonté de réforme en donnant 8 jours aux GM provinciaux pour me faire des propositions. Sous leur férule et celle des grands officiers provinciaux cela a fait l’objet d’une très large débat dans toutes les loges. Dans la quinzaine qui a suivi, j’ai su ce qu’il fallait : continuer sans rien changer droit dans mes bottes…
Il n’est évidemment pas question de substituer à notre actuelle Constitution une fédération plus ou moins claire de loges, ni d’adopter des pratiques en usage dans d’autres obédiences, la démocratie, c’est juste bon pour ceux qui n’ont ni conscience, ni éthique, ni même la reconnaissance du GADLU.
Je sais que l’immense majorité des maçons sincères sauront entendre ces mots de leur Grand Maître, qui n’est ni plus ni moins que le « Vénérable » de leur Grande Loge. Oui, celui qu’ils ont élu n’est qu’un homme de paille… En fait le vrai chef, non-élu, c’est bien moi. Je resterai leur guide spirituel même si le mot choque.
La GLNF doit rester intangible sur les principes fondamentaux. Certes, j’imagine qu’un mode de fonctionnement – prétendument plus «démocratique» -puisse, en apparence, séduire. Mais l’expérience démontre qu’il apporte immanquablement dans les loges les maux du monde moderne à commencer par le remplacement de l’harmonie par les tiraillements et de la Règle par la controverse permanente. Vous voyez déjà le bordel que c’est actuellement pour une simple histoire d’appartement.
En tant que Grand Maître, le premier de mes devoirs est de protéger et de maintenir l’ordre dans la Grande Loge comme un Vénérable Maître le ferait dans sa Loge. Et je veillerai personnellement à ce que tous les Vénérables me protègent car c’est l’Ordre qu’ils préservent ainsi.
Pourquoi avoir renoncé aux 3 dernières étapes de votre Tour de France des Provinces et des Loges ?
LGMATV : La taille actuelle de la GLNF nous oblige à multiplier les cadres de rencontre et les occasions de contact avec les Frères, au-delà de leur Loge ou de leur Province. D’où ce « Tour de France des Provinces» commencé en 2008 et qui m’a déjà permis de rencontrer toutes les Loges et près de 10 000 Frères. Mais il est hors de questions de me mélanger à eux, de leurs serrer la main… Je rencontre juste quelques vénérables pour répondre à leurs questions posées la veille par écrit… Mais bon avec leurs conneries, je suis obligé de me consacrer à ma défense, à l’audit et au maintien intégral de l’Ordre, de ses statuts intangibles et de leurs modifications que j’ai moi-même imposées. Il faut aussi que je contrôle mon petit monde… Je sens que certains sont prêts à me lâcher… Ils vont le payer très cher… Mais je suis bon Prince, je sais pardonner…
Nous aurons bien l’occasion de nous retrouver ensuite lors des Tenues Provinciales" où les Frères présents ne manquent jamais de m’acclamer en standing ovation.
Voilà mes frères, après la lettre que nous avons tous reçue voici la mise au point de notre LGMATV.
Le sacristain de Chartres
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